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  Communiqué

La Séquence des noces
par Daniel Clozel-Baysset

Début du siècle dernier, de part et d’autre de la Méditerranée. Puis quelque temps avant la Seconde Guerre. Une jeune femme et un jeune homme se rencontrent. À travers eux, deux familles se découvrent, deux mondes se rapprochent, deux histoires fusionnent, faites d’épisodes multiples et variés. Le destin… Le destin va pouvoir commencer son jeu particulier.
Daniel Clozel-Baysset fait revivre ces êtres avec attention et tendresse dans des pages qui sont autant de bonheurs de lecture. Mais si ses mots racontent aussi justement, c’est parce que cette jeune femme est sa mère, que ce jeune homme est son père et que cette famille, c’est la sienne. L’écriture, claire et précise, se fait souvenir doux et amer. L’enfant raconte et ses mots deviennent ceux du romancier qui transcrit l’histoire et la transmet.

Retrouvez des extraits de ce livre en cliquant ici
  Informations complémentaires

Genre : Romans
ISBN papier : 9782748362596 – 186 pages
ISBN numérique : 9782748378788

  Comment commander cet ouvrage
Ce livre est disponible à la vente au format papier et au format numérique (ePub) lisible sur iPad, tablettes tactiles et smartphones. Pour vous le procurer :

au format papier, sur le site Internet de Mon Petit Editeur en cliquant ici, ou en librairies, sur commande ;

au format numérique, sur les différentes plates-formes de vente (Apple Store, FNAC.com…) ainsi que sur le site Internet d’Immatériel en cliquant ici.

Pour plus d’informations contactez-nous par e-mail : commande@monpetitediteur.com.

 

Le rendez-vous littéraire de l’été

Daniel Clozel-Baysset sera présent à la 7ème Edition de Le Grand Lussan se livre 2011, à Lussan (30780-Gard), le dimanche 28 août 2011 à partir de 9 heures, place des marronniers et vous invite à venir lui rendre visite, pour échanger sur le livre, bien sûr, mais aussi pour découvrir ce lieu magnifique où se trouve le château de Fan, demeure familiale des Gide.

 

 

Contact & info :
- Site de la commune Lussan se livre
- PDF : Programme de la journée
- André Gide à Lussan : http://e-gide.blogspot.com/2009/08/les-gide-lussan.html

Jean Giono

Jean Giono
Écrivain français
Né à Manosque, au N°1, rue Torte, département des Alpes-de-Haute-Provence, région de Provence-Alpes-Côte d’Azur. … le 30 mars 1895
Décédé à Manosque, le 9 octobre 1970

 

Biographie

Jean Giono est né à Manosque le 30 mars 1895. Son père, cordonnier anarchiste, d’origine italienne, passe la plupart de son temps libre à lire et à commenter la Bible. Sa mère, d’origine picarde, est née à Paris et dirige un atelier de repassage. Son enfance est paisible au sein de cette petite famille de faibles ressources, mais où l’on sait la force inaltérable des liens d’amour entre ses membres. Il entre dans une école religieuse, puis au collège de Manosque, où il sera un élève moyen. Dès cette époque, il aime à inventer et à raconter des histoires. Cette enfance douce, sans frère ni sœur, Jean Giono l’évoquera dans Jean le Bleu.
• 1911 : La mauvaise santé de son père et les faibles ressources de sa famille l’obligent à quitter le collège au début de la première et à entrer comme garçon de courses à l’agence manosquine du Comptoir National d’Escompte (l’endroit est occupé aujourd’hui par Le Crédit Agricole). Il a seize ans, et il restera dans cette banque, gravissant les échelons, jusqu’en 1929. Pour assouvir sa soif de savoir, il s’instruit en autodidacte et se jette à corps perdu dans la lecture de tous les livres d’auteurs qu’il peut trouver à peu de frais.
• 1915 : Il entre dans La Première Guerre Mondiale, sans haine ni pensée pacifistes, en étant placé d’emblée au cœur du conflit, dans la plus terrible des batailles ; il vivra Verdun. Nombre de ses camarades et son meilleur ami sont tués. Lui-même est légèrement gazé. Au bout de cette guerre et de ses horreurs, il reste choqué, marqué à vie par les choses vues, vécues, subies. Toute l’inutile et atroce barbarie de cet enfer fera de lui, contre toutes pressions, un pacifiste inébranlable.
De retour à Manosque, il se replonge éperdument dans la lecture où il cherche à trouver sens à sa vie. Il est passionné de lecture et découvre la littérature gréco-latine, Homère, les tragiques grecs, les classiques français, Cervantès, Virgile surtout, qui l’amènent à concrétiser d’anciens désirs d’écriture.
• 1920 : Jean Giono, après la mort de son père, épouse Élise Maurin, jeune enseignante manosquine rencontrée en 1914 ; ils auront deux filles, Aline et Sylvie.
• 1929 : Colline, son premier ouvrage, rencontre un certain succès qui le pousse à continuer dans cette voie de l’écriture qui est devenue indispensable à sa vie. Profitant de la liquidation de la banque où il est employé, il décide d’interrompre toute activité professionnelle pour se consacrer entièrement à son œuvre et se fait écrivain.
Il reçoit le prix Brentano pour Colline.
Il habite alors au N°14, rue Grande.
• 1930 : Regain, roman qui reçoit un bon accueil des critiques et des lecteurs, ainsi que le prix Northcliffe.
Il se marie et emménage au N°8, rue Grande, à Manosque.
Les événements du début des années 1930 le poussent à s’engager en politique. Il adhère à l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires, qui est dans la mouvance communiste, mais très vite, il se méfie de la terrible machinerie politique et il s’en dégage.
• 1932 : Il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur.

• 1935 : Que ma joie demeure, émeut la jeunesse et connaît un grand succès. Par ce titre, inspiré de la cantate de Jean-Sébastien Bach : « Jésus que ma joie demeure », il souhaite exprimer sa foi profonde en une communauté des hommes, débarrassée à jamais des religions.
• 1937 : Les vraies richesses, essai dédié aux habitants de Contadour. Le 3 septembre 1935, lors d’une randonnée sur la montagne de Lure, un groupe d’une cinquantaine de marcheurs sous la conduite éclairée de Jean Giono arrive dans ce hameau de quelques fermes, à peine signalé par un panneau, antichambre de la transhumance vers le haut du plateau (c’est là qu’on comptait les moutons avant de les confier aux bergers de l’estive). Jean Giono et ses amis, bloqués là accidentellement, décident, subjugués par la beauté des lieux, de s’y retrouver régulièrement : ainsi naissent Les Rencontres du Contadour.
Alarmé par la montée en puissance des haineux et revanchards et les prémices d’une nouvelle guerre qui se manifestent, Jean Giono rédige alors ses suppliques Refus d’obéissance, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix, Précision et Recherche de la pureté.
• 1939-1945 : À la déclaration de guerre, les fidèles attendent la réaction de Jean Giono. Il refuse d’assimiler les Allemands aux nazis et, pour cela, est accusé de pacifisme. Néanmoins, il se rend au centre de mobilisation de Digne. Il est arrêté le 14 septembre 1939. Bientôt relâché après un non-lieu, il est libéré de ses obligations militaires. À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en septembre 1944, bien qu’il n’ait jamais pris position en faveur du régime collaborationniste de Vichy et encore moins en faveur de l’Allemagne nazie, il est accusé d’avoir collaboré. Il est de nouveau emprisonné, en septembre 1944, principalement pour avoir fait paraître Deux cavaliers de l’orage dans La Gerbe, journal collaborationniste, et un reportage photo, publié sans son accord, dans Signal. Il est libéré en janvier 1945, sans avoir été inculpé. Malgré tout, le Comité national des écrivains, organisme issu de la Résistance, l’inscrit sur sa liste noire, ce qui interdit de fait toute publication de son œuvre en France. Bien qu’ayant protégé des fugitifs tout au long des années du conflit, les résistants ne lui pardonnèrent pas cette phrase qui traduisait son pacifisme : Je préfère être un Allemand vivant qu’un Français mort. Cette mise à l’index ne prend fin qu’en 1947, avec la parution de Un roi sans divertissement, première en date des Chroniques. Sa redécouverte de Stendhal, le pousse vers plus de retenue et de densité, vers moins de descriptions et de lyrisme ; une langue dégraissée qui exprime l’essentiel…
• 1948 : Mort d’un personnage.
• 1950 : Les Âmes fortes.
• 1951 : Le Hussard sur le toit. Avec le succès de ses livres, Jean Giono trouve pleinement sa place, celle de l’un des plus grands écrivains français du XXe siècle. Il va se donner le temps de quitter Manosque parfois et de voyager ; plusieurs fois en Italie de 1951 à 1960, en Écosse en 1952, enfin en Espagne en 1959.
• 1953 : Le Moulin de Pologne. Il est élu au sein de l’Académie Goncourt.

• 1958-1961 : de plus en plus intéressé par le cinéma, il écrit le scénario de L’eau vive (1958), sort le film Crésus (1960) et préside le jury du Festival de Cannes (1961).
Dans ses dernières années, une faiblesse cardiaque l’oblige à la prudence et, dans sa petite maison de Lou paraïs, à Manosque, il peut alors revenir au roman : Ennemonde, Le Déserteur, Dragoon et Olympe, tous deux inachevés.
• 1970 : L’Iris de Suse, son dernier roman, paraît.
Alors, l’homme de Manosque, le voyageur immobile, le Sage dont la sagesse est faite de simplicité et d’ironie, exempte de toute peur, même de celle de la mort, celui-là donc meurt. Jean Giono est emporté par une crise cardiaque le 9 octobre 1970. Il a soixante-quinze ans. Il est enterré à Manosque.

 

L’oeuvre

L’œuvre de Jean Giono mêle un humanisme naturel à une révolte violente, continuelle, contre cette société du XXe siècle, médiocre, marquée par les totalitarismes. Elle se divise en deux parties. Les premiers livres sont écrits d’une façon très lyrique et la nature y est prépondérante, belle, mais aussi cruelle, dévorante parfois, purificatrice ; l’Homme en fait partie, mais elle n’est pas l’Homme. Par la suite, les œuvres seront plus élaborées et plus narratives, offrant à l’Homme la place principale. L’influence de la guerre restera très forte tout au long de son œuvre. Jean Giono n’est pas l’écrivain régionaliste que certains contemporains ont parfois persiflé. Il est sans conteste un humaniste et un pacifiste.

 

Jean Giono et le cinéma

Dès 1930, Jean Giono s’intéresse au cinéma et sa première co-réalisation est un documentaire de Georges Régnier : Manosque, pays de Jean Giono avec des textes du livre Manosque des Plateaux.
• 1942 : il s’essaie à l’adaptation du roman Le Chant du monde qu’il ne termine pas.
• 1956 : il travaille avec Alain Allioux au scénario de L’eau vive film de François Villiers, avec qui il tourne le court-métrage Le foulard de Smyrne (1957). L’eau vive est présenté en avant-première au festival de Cannes, en 1958.
• Jean Giono crée la société de production Les films Jean Giono. Il écrit le scénario, les dialogues et met en scène le film Crésus, avec Claude Pinoteau et Costa-Gavras.
• 1963, en Aubrac, Jean Giono supervise le tournage de l’adaptation de son roman Un roi sans divertissement, réalisé par François Leterrier. Le monde du cinéma n’est pas le monde réel où il aime évoluer. Il reconnaît que le cinéma est un art difficile, mais qu’il permet de raconter autrement les histoires.

 

Bibilographie

• Colline (1928)
• Un de Baumugnes (1929), porté à l’écran par Marcel Pagnol en 1934, sous le titre « Angèle ».
• Naissance de l’Odyssée (1930)
• Regain (1930), porté à l’écran par Marcel Pagnol en 1937
• Le Grand Troupeau (1931)
• Jean le Bleu (1932) dont un extrait inspira « La Femme du boulanger » à Marcel Pagnol
• Solitude de la pitié (1932)
• Le chant du monde (1934)
• Que ma joie demeure (1934)
• Les vraies richesses (1937)
• Refus d’obéissance (1937)
• Batailles dans la montagne (1937)
• Le poids du ciel (1938)
• Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix (1938)
• Précisions et Recherche de la pureté (1939)
• Traduction de Moby Dick, de Herman Melville (1940)
• Pour saluer Melville (1941)
• Triomphe de la vie (1942)
• Le voyage en calèche (1946), pièce de théâtre interdite par l’occupant pendant la guerre
• Un roi sans divertissement (1946), porté à l’écran par François Leterrier en 1963
• Noé (1948)
• Les âmes fortes (1949), porté à l’écran par Raoul Ruiz en 2000
• Mort d’un personnage (1949)
• Les grands chemins (1951)
• Le Hussard sur le toit (1951), porté à l’écran par Jean-Paul Rappeneau en 1995
• Le moulin de Pologne (1952)
• L’Homme qui plantait des arbres (1953), volontairement libre de droit dès sa sortie ; adapté en film d’animation par le Canadien Frédéric Back en 1987
• Le bonheur fou (1957)
• Angelo (1958)
• Deux cavaliers de l’orage (1965 pour la version définitive)
• L’Iris de Suse (1970)
• Divers recueils de nouvelles et chroniques publiés essentiellement à titre posthume.
(source Wikipédia)

 

Pour aller plus loin

Association des Amis de Jean Giono, dont le siège se trouve dans la petite maison de Jean Giono, au lieu-dit Lou paraïs, sur le flanc sud du Mont d’Or qui domine Manosque
• Jean Giono, voyageur immobile (Bruno Poirier)
• Jean Giono sur ADPF
• Dossier Gionio Encyclopédie de l’Agora
• Qui est Jean Giono ? sur La République des lettres
• Giono sur Arts et Lettres, également une biographie
• La page Wikipédia consacrée à Jean Giono
Une étude sur Un roi sans divertissement

Daniel Clozel-Baysset sera présent à « L’été des auteurs, édition 2011 », à Frontignan et vous invite à venir lui rendre visite.

 

Samedi 16 juillet de 9h à 12h, place de l’Hôtel de Ville

 

Les auteurs-sous-parasol seront installés sur la place de l’Hôtel de Ville, en face de la mairie, le dos à la fontaine.
Daniel Clozel-Baysset y présentera ses œuvres, en particulier son dernier roman La séquence des noces et les dédicacera.

 
Contact & info :
- Site de l’évènement Auteurs au soleil
- S’y rendre
- Télécharger les plans de Frontignan



« Voltaire…de la tolérance à la raison ? »
Spectacle écrit par Henri Micaux, Daniel Clozel-Baysset et Guy Shelley, mis en scène par Pierre-Marie Carlier.
Au festival de Lacoste
1er août 2011 à 20 h 30

Spectacle issu de la sélection de six textes courts, inédits, ludiques et culturels, a pour but d’entraîner le public dans le tourbillon et le fourmillement des idées éclairées représentant l’humanisme militant du XVIII° siècle, point central de la culture Française.
Ce spectacle, en costumes d’époque, est une étourdissante plongée dans les thèmes chers aux philosophes des Lumières.
L’un de ces textes, « Constance ou le bel arbre de la connaissance », extrait du recueil « Trois petites pièces pour une fête à Ferney » ( Christophe Chomant éditeur, 2008 ) a été écrit par Daniel Clozel-Baysset, joué par Melle Karine Mauran, pour le festival de Ferney-Voltaire, en 2008.
Constance se rend auprès de Voltaire pour y faire l’actrice ou tout ce que le grand homme voudra d’elle, puisqu’elle « … peut tout et plus encore… ». Mais lui, le penseur éclairé des bords du Léman, il est surtout curieux de l’entendre lui dire ce Monsieur de Lacoste dont l’invraisemblable liberté, dans les mœurs et dans les écrits, l’intéresse, le séduit et l’intrigue…

 
Au sujet du festival de Lacoste :
- Programmes
- La présentation de la pièce
 
Pour aller plus loin :
- La page Wikipédia de Lacoste et celle du site du Vaucluse
- Le marquis de Sade : http://www.sade-ecrivain.com/
- Voltaire : biographie, dossier Lingu@net


Une belle petite Plume du Sud vient d’écrire la critique de mon dernier ouvrage La séquence des noces. J’accepte cette critique avec émotion, car Plume a bien lu, bien compris et bien critiqué cette “Séquence”… écrite juste après un de ces moments particuliers de l’existence qui autorisent et permettent tous les retours sur soi, ou presque tous, toutes les mises à plat, ou presque toutes…

Merci, Plume !

Daniel Clozel-Baysset nous livre ici un roman sur la mémoire. Plus que la valeur historique c’est celle du souvenir, et donc du vivant, qui prime.

On erre donc entre faits entendus, racontés, enjolivés, fantasmés, interprétés…

Pas facile de structurer ces anecdotes qui s’écrivent au fil des errances du souvenir… il faut un temps au lecteur pour comprendre le jeu des chapitres avant de finalement lire en confiance et se laisser aller à ce jeu. L’auteur s’amuse à nous faire perdre pied parfois, mais seulement pour mieux tendre une main secourable et surprenante.

[...] Pour conclure un roman riche et très travaillé, plus anecdotique que véritable saga biographique par sa forme et qui laisse plus de place au souvenir qu’à l’Histoire.

Une lecture au goût de nostalgie douce-amère, celle d’une époque révolue, qui sait se faire prenante, légère aussi, pour peu que le lecteur rende les armes et accepte de se laisser porter…

La critique complète est disponible à cette adresse

Pour aller plus loin :
-Les premières pages en PDF sont téléchargeables ici
- Disponible sur commande auprès de Mon Petit éditeur et chez les librairies partenaires
- Archives de la BnF de la main de Gaston Clozel

694 pages
Traduit de l’américain par J.-C. Bonnardot
Editions Mondiales 1954

« … Puis, Caïn s’éloigna de la face du Seigneur, et habita dans la terre de Nod, à l’est d’Éden…. »
Le Livre des Origines : Caïn et Abel, Genèse 4,1-26

Quatrième de couverture : Dans cette grande fresque, les personnages représentent le bien et le mal avec leurs rapports complexes. Adam, épris de calme, Charles, son demi-frère, dur et violent, Cathy, la femme d’Adam, un monstre camouflé derrière sa beauté, ses enfants, les jumeaux Caleb et Aaron. En suivant de génération en génération les familles Trask et Hamilton, l’auteur nous raconte l’histoire de son pays, la vallée de la Salinas, en Californie du Nord…

 

Dédicace à : Pascal Covici
Cher Pat,
Alors que je sculptais une statuette de bois, tu t’es approché et tu m’as dit :
« Pourquoi ne fais-tu pas quelque chose pour moi ? »
Je t’ai demandé ce que tu voulais.
« Un coffret, as-tu répondu.
_ Pour quoi faire ?
_ Pour mettre des choses dedans.
_ Quelles choses ?
_ Tout ce que tu as. »
Ton coffret, le voici. J’y ai déposé tout ce que j’ai, ou presque, et il n’est pas plein. La douleur et la passion y sont, les bons jours et les mauvais, et les mauvaises pensées comme les bonnes, le plaisir de façonner et quelque désespoir, et la joie indescriptible de créer.
Et, par-dessus tout, il y a ma gratitude et l’amour que je te porte.
Et le coffret n’est pas encore plein.

John.

Un long roman. Une grande fresque californienne, en partie autobiographique, où l’on entre à petits pas, mais qui captive, retient et que l’on parcourt, souffle court, cherchant la fin et la redoutant également. C’est un chef-d’œuvre redoutable, d’une telle richesse qu’il est difficile d’en évoquer toute la portée. L’absence de réelle intrigue en rend improbable le résumé. Le roman est également un tableau minutieux de la naissance d’un vaste pays, du milieu du XIXe siècle au premier quart du XXe. Avec les personnages du livre, nous assistons à toutes les transformations et à tous les événements majeurs qui le font entrer surement dans son temps ; le déploiement du chemin de fer qui ouvre à tous des contrées éloignées, l’apparition de l’automobile, le développement des industries… jusqu’au grand basculement de la Première Guerre mondiale…

Dans la Vallée de Salinas, sont installées deux familles ; les Hamilton (la mère de John s’appelait Hamilton…) et les Trask. Et, dans le décor de sa terre natale, familier et aimé, va se dérouler cette longue scène du bien et du mal déclinés sous toutes les nuances, jouée par les bons et les démoniaques et les autres, excessifs jusqu’à la caricature. Mais qu’est-ce qui fait le bien ? Le mal ? Comment un être est-il bon ? Mauvais ? Où se situe la distinction entre les deux ? Et cet état est-il acquis ? Inné ? Ou bien simple résultat de nos actes ?
Le livre est divisé en quatre parties. Les trois premières sont excellentes. La quatrième… Mais peut-être me faudra-t-il lire encore « À l’est d’Éden » pour comprendre pourquoi cette quatrième partie me touche bien moins que les autres. Les parallèles avec la Bible sont nombreux pour raconter des hommes, des femmes, des forts, des faibles, des riens et les amours et les haines qui les accompagnent et accompagnent si bien l’humanité… Un livre d’une force inhabituelle où passent des êtres d’une profondeur incroyable, le tout est soutenu par un style inimitable, un langage d’une émouvante simplicité, une écriture sans fioriture. Steinbeck a l’étrange faculté de nous parler simplement de nos instincts, de nos trop, de nos moins, de nos vices et de nos vertus… et de nous éblouir.

« Une histoire, si elle veut être grande et se perpétuer, doit toucher chacun de nous. L’étrange, l’étranger ne nous touchent pas. Nous voulons des faits profondément personnels et familiers. »

La première fois que j’ai lu ce livre, j’étais à bord d’un transatlantique qui m’emmenait de l’autre côté de l’océan. Lorsque je l’ai terminé, au bout du voyage, nous entrions dans un port de ce nouveau monde et j’étais dans une telle émotion que je n’arrivais pas à m’intéresser à cette arrivée, quitter le pont-promenade, regagner ma cabine et me préparer au débarquement… Un autre des beaux romans du XXe siècle… Steinbeck a écrit ici une de ces œuvres où fond et forme sont en parfait équilibre, vous touchent, vous marquent, vous enchantent.

L’adaptation :
• 1955, réalisé par Elia Kazan, avec Julie Harris (Abra), James Dean (Cal), Raymond Massey (Adam), Richard Davalos (Aaron) : critique

Quelques couvertures :
• En langue originale

• En version française

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