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Archive for the ‘Mes lectures’ Category

Aimé Césaire

Aimé Césaire, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe, mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France
Aujourd’hui, plus qu’un autre jour, j’ai envie de lire et d’entendre lire cet extrait des « Cahiers du retour au pays natal » d’Aimé Césaire, paru en 1939…

Il me suffirait d’une gorgée de ton lait jiculi pour qu’en toi je découvre toujours à même distance de mirage – mille fois plus natale et dorée d’un soleil que n’entame nul prisme – la terre où tout est libre et fraternel, ma terre. (…)
ma négritude n’est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour
ma négritude n’est pas une taie d’eau morte sur l’œil mort de la terre
ma négritude n’est ni une tour ni une cathédrale (…)
l’homme-famine, l’homme-insulte, l’homme-torture
on pouvait à n’importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer – parfaitement le tuer – sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d’excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot (…)
Partir. Mon cœur bruissait de générosités emphatiques. Partir… j’arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J’ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ».

Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte… Et si je ne sais que parler, c’est pour vous que je parlerai». Et je lui dirais encore : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir. »

Et venant je me dirais à moi-même : « Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile du spectateur, car la vie n’est pas un spectacle, car une mer de douleurs n’est pas un proscenium, car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse… »

Pour aller plus loin :
Fondation Aimé Césaire
– Dossier Hommage à Aimé Césaire

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Guadeloupe, été 1949.
Dans l’univers confiné de cette île, la cruelle ironie de l’Histoire a réuni, entre misère et opulence, des gens dont certains se prennent pour des Nègres et d’autres se croient Békés.
Mais le soleil de Basse-Terre vaut celui de Thèbes. Nous découvrons que les passions, les convoitises et les mesquineries de l’homme n’ont pas besoin des Dieux pour tracer, sous les Tropiques, le destin fatal du prétendu Nègre et celui du soi-disant Béké.

 

J’apprécie les écrits de Henri Micaux. Son dernier ouvrage me touche autant que les autres, toutefois avec un petit plus. Pourquoi ? Je ne sais. Parce qu’il est son premier roman véritable alors que les autres se bâtissaient autour de son vécu ? Pourtant, ne nous y trompons pas, il est attaché solidement aux pas de ses héros, Amédée Boudin Bleu et Gustave et de tous les intervenants du livre qui vivent, et souffrent aussi, entre la vallée du Galion et celle de la Rivière-aux-Herbes. Il connaît ces lieux. Il les a arpentés, fouillés, remués, humés, goûtés… c’est évident. Mais ici il s’efface, il laisse la place à ces ouvriers agricoles qui, riant, plaisantant, s’échauffant, vont gaillardement vers leur destin.
Terrible randonnée dans l’Histoire proche de la Guadeloupe, notre Histoire, tout autant que dans les paysages de la belle île, ceux qui vont de Basse-Terre jusqu’au pied de La Soufrière, passant par Morin et Gallard, dans sa flore, sa lumière, ses odeurs, un parcourt dans tous les “sens” du terme…
Et puis, il y a les mots de Henri. Toujours justes. Toujours à leur place.
Et puis, il y a la phrase… Elle se lit, se goûte, se déguste comme une « … friandise exceptionnelle, à la saveur unique… »…
Henri Micaux raconte, il ne juge pas… Je crois même qu’il aime tous les protagonistes du livre également… même si dans sa vie personnelle…
Pour tout cela, et bien d’autres choses encore, j’apprécie De Nègres et de Békés.
Mais Henri Micaux est homme de théâtre, c’est indéniable, il n’a plus à le prouver, et lorsque nous parlons dans son jardin, sous le palmier, entre ti-punch et verre d’eau fraîche, sans cesse je reviens à mon idée et lui demande de créer une pièce de théâtre de De Nègres et de Békés
Le bougre résiste bien…
Mais je suis tenace et bien fixé à cette idée…

 
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Roman, 186 pages disponible chez Mon Petit éditeur
 
Pour aller plus loin : la chronique de Halleyjc

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Neuf années de combat quoidien, d’espoirs, de rechutes, de rebonds. Voilà le témoignage, la leçon d’humanité que ces poèmes nous apportent. Ils ne se soucient guère, sans doute, de la recherche littéraire, de l’art pour l’art. C’est un chant spontané, où rien ne s’interpose entre les paroles et le cœur, les rythmes et le corps martyrisé. Nous vivons avec elle ses souffrances et ses espérances, son courage et son extraordinaire joie naturelle. Les mots parlent d’eux-mêmes.

Autobiographie – poésie. [Avec quatorze encres de Daniel Clozel].

 
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Disponible sur commande : Editions l’Âge d’Homme

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